Fabrice Amedeo 11ème du Vendée Globe : « Une aventure incroyable ! »

Reporters du large · février 18, 2017 · Vendée Globe · 19 commentaires

Après 103 jours 21 heures et 01 minute de mer, Fabrice Amedeo a bouclé ce samedi son premier Vendée Globe, en coupant la ligne d’arrivée aux Sables d’Olonne à 10 heures 03 minutes. Une superbe performance pour le skipper de Newrest-Matmut, deuxième bizuth de cette édition, qui met un terme à une aventure « incroyable ». Retour sur un parcours jalonné de difficultés et de moments intenses.
Ce samedi matin, sous le soleil hivernal des Sables d’Olonne, Fabrice Amedeo a bouclé son premier Vendée Globe, devenant le deuxième bizuth de l’épreuve à en terminer. Un large sourire barre son visage, lui qui a savouré ses retrouvailles avec sa famille et ses proches. « C’est un beau Vendée Globe », sourit-il après presque 104 jours de mer, un mois après le vainqueur, Armel Le Cléac’h. « L’aventure était incroyable : j’ai appris des choses pendant toute la course. J’ai connu des hauts et des bas, notamment dans le Sud. Ca a été un bonheur de passer le Cap Horn. Certes, la remontée a été difficile. Là, je me sens porté par le bonheur de l’arrivée. »  Pour celui qui a fait de l’écriture son métier, les mots peinent à venir, tant l’émotion est forte : « de voir toute cette foule, c’est vraiment beau ! ». Dans l’effervescence du chenal, il donne déjà rendez-vous aux milliers de curieux venus saluer sa prestation ce samedi : « la seule chose que je souhaite, c’est d’être au départ dans quatre ans ! » Retour sur une aventure qui le fait entrer dans le cercle très fermé des marins ayant bouclé le Vendée Globe.

SON ETAT D’ESPRIT
Avant de réaliser son premier tour du monde, il y avait chez le skipper un mélange d’excitation et d’appréhension, lui qui n’a jamais caché son admiration pour ceux qui s’élançaient à ses côtés. Ces marins, il les côtoie depuis plusieurs années déjà, alors qu’il était, il y a deux ans encore, journaliste au Figaro. « Avant, j’étais à votre place » lâche-t-il amusé en conférence de presse aux journalistes venus nombreux couvrir l’événement. Pourtant, Fabrice a franchi les étapes progressivement – Solitaire du Figaro, Transat AG2R, Route du Rhum, Transat Jacques Vabre, New-York/Vendée – avant de se lancer dans ce défi de géant.

« Naviguer en bon marin » est un de ses leitmotivs les plus récurrents, sur terre comme en mer. Quelques jours après son départ, il confie : « j’ai passé un deal avec mon bateau. Je lui ai dit : ‘je prends soin de toi, je ne te fais pas mal et tu prends soin de moi’. « Je n’ai jamais pensé à abandonner, malgré les difficultés. Michel Desjoyeaux m’avait dit que le Vendée Globe, c’est une emmerde par jour. Il n’a pas tort ! Tous les jours, j’ai fait des choses qui étaient hors de ma portée. Le plus dur, c’est le mental. Je n’avais pas mesuré à quel point c’est vrai. »

SA COURSE
Après un début de course maîtrisé lors de la descente de l’Atlantique, Fabrice est ralenti par l’anticyclone de Saint-Hélène avant de batailler lors de son entrée dans l’océan Indien, où il doit faire face à une succession de dépressions. Des conditions rudes, marquées également par une chute brutale des températures, et un bateau à ménager. Après avoir dû composer avec une voile bloquée en haut du mat, sa grand-voile se déchire mi-décembre alors qu’il déboule dans les mers du Sud.
Une nouvelle fois, il parvient à réparer pendant la semaine de Noel, s’offrant le plus beau des cadeaux pour continuer son périple. Deux jours plus tard, changement d’ambiance : le skipper doit sacrifier son gennaker alors qu’il fait face à l’une des plus grosses dépressions depuis le départ. Les mers du sud le poussent en effet dans ses retranchements et l’obligent à une attention de tous les instants. « Je ne les imaginais pas aussi rudes, confie-t-il. Les dépressions y sont beaucoup plus puissantes, l’eau est froide, les nuits sont courtes. On est là où le commun des mortels ne va pas. » Avec patience et abnégation, parfois à plus de 45 nœuds, Fabrice parvient à s’en sortir, lui qui franchit le Cap Horn pour la première fois de son existence le 16 janvier. « C’est un grand moment de ma vie » explique-t-il alors.
Mais la course est loin d’être finie et la remontée de l’Atlantique est longue et éprouvante, d’autant que Fabrice doit rationner sa nourriture. « J’ai été un peu naïf : je suis parti avec beaucoup moins que prévu » explique-t-il fin janvier, à la latitude de Rio de Janeiro. Pourtant, il fait front sur« l’autoroute du nord vers la maison » malgré une météo capricieuse. « Je ne pensais pas que ce serait si dur de remonter les alizés. » Mais Fabrice se dit « renforcé » et « plus fort mentalement » par les péripéties qu’il a déjà traversées. De quoi lui donner le courage et la détermination pour franchir la ligne d’arrivée et mettre un terme à la plus exaltante aventure de son existence. « Je me suis enregistré tout les jours avec un dictaphone. J’ai envie d’en faire un livre, de mettre des mots sur cette aventure incroyable ».

SON QUOTIDIEN. Un partage à tout prix !
La solitude n’est pas un frein au partage, bien au contraire. Même au milieu des éléments, le skipper de Newrest-Matmut échange sans compter, par écrit, sur les réseaux sociaux ou par vidéos. Ses satisfactions, ses moments de bonheur, ses états d’âmes, ses doutes… Et puis il y a ces bulles de légèreté, ces vidéos envoyées comme des bouteilles à la mer qui donnent aux curieux restés à terre un aperçu de la vie en mer : un rasage au milieu de l’Atlantique, une douche dans les mers du Sud ou une nouvelle coupe de cheveux en longeant les côtes brésiliennes. Le tout avec en fond sa playlist, ces titres qui l’ont accompagnés tout au long de son périple et ont contribué à l’adhésion du public. Il y a l’incontournable Guns’N’Roses ou encore un fameux « You’re My Heart, You’re My Soul » chanté et dansé torse nu avant d’affronter les mers du sud.

L’HISTOIRE. Une amitié née au fil de l’eau
Dès le premier soir, ils étaient bord à bord. Fabrice Amedeo et Arnaud Boissières ont vécu ce tour du monde le plus souvent côte à côte. Au cap Finisterre, au franchissement de l’équateur et même au passage du Cap Horn (seulement quatre heures séparaient les deux hommes), Newrest-Matmut et La Mie Câline ne se sont pas lâchés. Une proximité qui a créé, au fil des jours, une solide relation d’amitié. « Après le passage de l’équateur, on a commencé à échanger » expliquait Fabrice mi-janvier. « Je dois même avouer que lorsque je n’ai pas mon petit email de Cali (le surnom d’Arnaud Boissières), ça me manque ! ». Arnaud, lui, a qualifié Fabrice « d’ange gardien ». « Nous avons veillé l’un sur l’autre » corrobore le skipper Newrest-Matmut. Arnaud Boissières est arrivé vendredi aux Sables-d’Olonnes, un jour avant que Fabrice ne connaisse la même joie.

SA COURSE EN 5 DATES
6 novembre : départ des Sables d’Olonne
19 novembre : franchissement de l’équateur : ici
2 janvier : Record de distance parcourue en une journée (380 nm, 700 km)
16 janvier : Passage du Cap Horn pour la première fois de sa vie : ici
18 février : Arrivée aux Sables d’Olonne après 103 jours de course

 

19 Comments:
  1. Bravo que c,est beau vraiment félicitations on a hâte de vous voir à Segré

    patricia cauret · février 18, 2017
  2. Bravo Fabrice pour cette belle aventure!
    Sans abuser, est -il possible de continuer d’avoir des posts en pleine mer (même bidonnés!). Ce fut des moments de vrai bonheur et d’évasion !
    Kenavo

    Celtic Bertrand

    Bertrand eon · février 18, 2017
  3. Bravo! Parabéns!

    Eduardo Faustino · février 18, 2017
  4. Superbe arrivée 🏁 et merci pour tout ce rêve 😐

    dubois joelle · février 18, 2017
  5. Merci Fabrice pour ton aventure paratgee. Et la good Vibe music. Particulièrement le moment de glisse avec ton bateau et les Gun’s ! A bientôt en 2020….

    Greg · février 18, 2017
  6. L’arrivée était le 18 février, je sais j’y étais LOL
    MAGNIFIQUE MERCI POUR TOUS LES MOMENTS PARTAGÉS

    Arnaud · février 18, 2017
  7. Super Fabrice,
    Bravo champion , nous t’avons suivi tout au long de ta folle aventure.
    Nous avons aimé ton humour, tes douches, ton couteau, ta playlist , ton courage, ton sang froid… une belle leçon de vie.
    Nous avons hâte de lire les aventures de » Fabricechou fait le tour du monde avec son bateau »
    Savoure ton retour sur Terre.

    Cécile, Fred , Vanina, Mahé et Baptiste

    AMBLAS LEFEVRE · février 18, 2017
  8. J’y étais pour cette arrivée mais j’ai encore et toujours envie de vous dire bravo pour ce Vendée Globe.
    Merci pour tous ces messages et ces vidéos que vous partagiez quotidiennement, sur terre c’était des moments de rêve.
    Quand on voit le bateau arriver au large puis remonter le chenal, c’est un plein d’émotion, j’imagine que pour vous c’était exceptionnel.
    MERCI et BRAVO

    armelle · février 18, 2017
  9. FANTASTIQUE: nous avons suivi au jour le jour. Quel exploit et quels moments intenses, si bien partagés avec nous les terriens. Notre grand regret est de ne pas avoir été présents aux Sables aujourd’hui. BRAVO, BRAVO et à bientôt. Maintenant bon repos, remets ton cheval à l’écurie pour quelques jours, et profite bien de toute l’attention que tu mérites. Très amicalement de NYC!

    Marguerite · février 18, 2017
  10. Cher Fabrice,
    BRAVO pour la performance, l’aventure, l’exemple et
    MERCI pour les partages.

    PS : S’il te faut prochainement un relecteur, je suis volontaire. 😉

    Vinamis · février 18, 2017
  11. Même au Gaboń nous avons pu suivre ton exploit.
    Nous admirons le Fabrice qui a su mener à bien un projet de cette envergure mais deux ombres au tableau :
    Nous n’eavos pu être presents pour fêter ton retour
    A partir d’aujourd’hui, tu ne rythera plus nos journees

    Nous t’embrassons

    Jean-loup Christine Camille Caroline Clément Constance · février 18, 2017
  12. Bravo ,bravo ,bravo
    Fabrice tu m’as fait rêver pendant 103 jours ,j’étais déjà passionné par la voile et le Vendée mais je le suis encore plus,et cela grâce à toi.
    Prend soin de toi et je te dit à 2020 même si j’adorerais te rencontrer avant
    Sportivement
    Pierre

    Besson · février 18, 2017
  13. Un énorme BRAVO pour ce merveilleux Vendée Globe. MERCI d’avoir partagé tous ces moments avec nous. RESPECT pour votre courage, votre détermination et votre enthousiasme. C’est une belle leçon de vie et d’autant plus en cette période morose. Les enfants ont adoré vos performances de skipper, journaliste, vidéaste et DJ. Certaines vidéos resteront dans leur mémoire, le rasage au couteau, la douche, les kdo de Noël et bien d’autres…
    Maintenant profitez de votre retour, de tous ceux qui vous sont chers, et savourez.
    A très bientôt sur d’autres courses, nous continuerons de vous suivre avec autant d’enthousiasme que lors de ce Vendée Globe.
    Bon retour à terre et bon vent.

    Virginie DVD · février 19, 2017
  14. Je suis heureuse que vous soyez rentré sain, sauf et heureux de ce voyage hors norme en espérant vous revoir sur le VDG en 2020 !
    Merci pour tous ces moments partagés avec nous, merci de nous avoir rappelé avec cet enthousiasme que vous caractérise que toute épreuve est surmontable.
    Merci de nous avoir embarqué dans le sillage de votre bateau si souvent, moi qui n’ai pas le pied marin ce fut à chaque fois une bulle de pur bonheur !
    Et je garde comme une pépite cette vidéo du cerf-volant avec pour mission de la regarder quand le blues me gagnera…
    A bientôt sur d’autres courses, à bientôt de lire votre prochain livre, bonne continuation à vous et bon vent !!

    PS : et merci à votre femme (parce que l’on oublie peut-être que ces femmes-là font ces hommes-là… )

    MariVé · février 19, 2017
  15. Salut l’artiste.Apres vous avoir suivi depuis le départ vous m’avez fait vivre un super Vendée globe!!!!!!! Merci à. Vous

    Christiane · février 19, 2017
  16. un seul mot : Bravissimo
    J’attends mon prochain voyage planétaire à travers le site  » Reporters du Large » à partir de Novembre 2020 !!
    Kenavo

    Bertrand

    Bertrand EON · février 19, 2017
  17. Bravo Fabrice.
    Je suis presque un peu déçu que ce soit fini, car vous êtes l’un des skippers pour lesquels je n’ai pas raté la moindre vidéo et vacation. Dommage que votre blog n’ait été cité qu’à la fin, je l’ai loupé!
    Merci en tout cas pour le plaisir de vivre et de partager cette épopée.
    Merci de nous l’avoir partagé, à nous comprenons, admirons, mais qui ne feront jamais une telle course.
    Bon vent et à bientôt j’espère, très sincèrement.

    Franck-Sébastien · février 20, 2017
  18. Bravo Fabrice pour cette course ! Nous étions là pour vous accueillir et vous nous avez fait partager un moment exceptionnel que nous ne sommes pas prêts d’oublier !
    Merci encore et bon vent pour la suite de vos aventures, nous serons là !

    Axelle · février 20, 2017
  19. Bravo Fabrice pour ta magnifique course. Bon retour parmi les tiens.On se reverra au Havre pour la Transat Jacques Vabre.

    Amitiés

    Mireille

    Le Roux Mireille · février 20, 2017

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