« Je suis dans le dur »

Reporters du large · février 05, 2017 · Vendée Globe · 6 commentaires

Un ciel gris, un vent qui ne faiblit pas, un bateau et un skipper soumis à rude épreuve… Depuis plusieurs jours, Fabrice Amedeo doit faire face à des conditions dantesques, pas vraiment l’idéal alors qu’il devra faire un choix stratégique primordial dès mardi prochain. Pourtant, il tient bon.

 

 

Fabrice Amedeo le reconnaît bien volontiers : « je suis dans le dur ». Et depuis quelques jours, les alizés ne lui offrent aucun cadeau.  « Je suis en tribord amure. Samedi, j’avais 20 à 23nœuds de vent. J’étais sous J2 en voile d’avant avec deux ris dans la grand voile et ça marchait bien. A la tombée de la nuit, il a commencé à y avoir des rafales plus fortes. Je me suis dit que ce n’était pas le moment de casser le bateau et qu’il fallait y aller un peu plus ‘cool’. Je suis donc passé J3 et j’ai eu des grains de 20 à 32 nœuds. Ca a été une nuit très sportive ! »

 

Ce dimanche matin, les conditions n’ont pas vraiment changé. « J’ai encore des grains à 30 nœuds. Il faut que je reste prudent. » Avec de telles conditions, difficile d’évoluer sur Newrest-Matmut, balloté par des flots agités. D’autant que la suite de son aventure est toujours écrite en pointillé, tant il est difficile de faire des prévisions. « Je passe beaucoup de temps à la table à carte pour regarder le scénario de la fin de course mais ce n’est toujours pas clair. Il y a une divergence importante entre les fichiers américains et européens. Pour l’instant, il faut faire route vers le nord et attendre que ça s’éclaircisse. Mardi au plus tard, je devrais prendre une décision afin de savoir par quel biais je vais contourner l’anticyclone. »

 

Si le skipper semble fatigué, l’homme tient bon. « C’est clair que les conditions sont désagréables. Je n’ai même pas la possibilité de sortir la tête de la casquette ! La moindre intervention sur le pont est très dangereuse. Même les déplacements à l’intérieur sont délicats » Pourtant, malgré la rigueur des éléments en ce moment, Fabrice assure « avoir bien dormi ». « Je me suis attaché à la bannette, je mettais un réveil toutes les heures et je me rendormais. Hormis être allongé ou assis, il n’y avait rien à faire ! »

 

Le skipper de Newrest Matmut reconnaît « qu’il ne pensait pas que ce serait si difficile de remonter les alizés ». Mais il garde le sourire : « j’en ai encore pour 24 heures, ensuite le vent sera plus léger ! Il faut seulement parvenir à prendre son mal en patience. Le moral est bon puisque l’arrivée se rapproche ». Ce dimanche, il se rapproche de la latitude du Cap Vert, une nouvelle étape dans cette aventure. « On en a fait du chemin » sourit-il. Et ses péripéties ont le don d’endurcir le marin. Il en a conscience : « je suis renforcé, j’ai plus de recul par rapport à avant. Bien sûr qu’il y a des hauts et des bas mais je me sens plus fort mentalement. Je suis curieux de voir comment cela se répercutera à terre ». Ca tombe bien : il continue, patiemment, de s’en rapprocher.

6 Comments:
  1. Il est évident qu’une aventure et un exploit pareils changent un homme. Physiquement vous vous êtes asséché et l’on peut imaginer que moralement, c’est de l’acier. Etre sans cesse sur le qui vive cela doit être épuisant. Votre force c’est votre capacité à vous montrer combatif et enthousiaste… elle s’exprime dans vos fameux petits cris. Bravo champion! Courage Fabrice!

    Karina Morel · février 05, 2017
  2. Oui en effet, tu en as fait du chemin ! Et quel chemin ! Quelle extraordinaire expérience humaine et sportive !
    D’ailleurs, le retour d’expérience s’imposera !
    On te soutient toujours et encore plus, vu les conditions météo !
    Accroche-toi cap hornier, après ce passage dantesque, ce sera la plus belle des arrivées dans le chenal ! 👍🌟

    Bérénice · février 05, 2017
  3. Dur, dur en ce moment! La météo n’est pa Il faut s’accrocher et ne rien lâcher. Vous avez déjà fait un super parcours et votre enthousiasme va vous aider.

    Virginie DVD · février 05, 2017
  4. Dur, dur en ce moment!!! La météo ne vous épargne pas. Coté alimentation, nous espérons que vous arrivez à gérer vos repas pour tenir jusqu’au bout. Il faut s’accrocher et ne rien lâcher. Vous avez déjà fait un super parcours, continuez et conservez votre enthousiasme comme depuis le début de votre aventure. Prenez bien soin de vous et du bateau. Thomas et Clément sont toujours à fond avec vous.

    Virginie DVD · février 05, 2017
  5. Courage, Les Sables approchent… J’ai très envie de vous applaudir lorsque vous remonterez le chenal et j’espère vraiment être là. Tenez bon , vous et votre bateau.

    DRIOT Catherine · février 05, 2017
  6. Que tu puisses dormir avec de telles conditions de navigation, franchement cela nous épate. Quel exploit!
    Et malgré la galère, la boussole de ton moral semble de nouveau orientée vers l’ optimisme. Chapeau bas! On a tous hâte de te voir arriver sur le chenal.
    Bizzzzz
    FHM and Co

    FHM · février 05, 2017

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