Le passage de l’équateur et l’étrange cauchemar

Reporters du large · novembre 19, 2016 · Vendée Globe · 1 commentaires

Instant symbolique pour Fabrice Amedeo hier après-midi : le skipper a franchi l’équateur pour la troisième fois de son existence. Mais à la différence des deux premiers passages, il fait désormais cap vers les tumultueuses mers du sud. Avant de s’y plonger, dans quatre à cinq jours, il en profite pour préparer son bateau et, surtout, regagner du temps de sommeil après les affres du Pot au Noir.

 

La voix est clair, teintée d’une pointe de fierté. « Le passage de l’équateur s’est bien passé hier après-midi. Il n’y avait rien d’exceptionnel en termes de navigation : j’avançais à 15-20 nœuds, avec une mer turquoise. C’était vraiment sympa. J’en ai profité pour faire une petite vidéo et ouvrir une bouteille de champagne ». Désormais, il fait cap vers les mers du sud, qu’il devrait atteindre dans quatre à cinq jours. « Les deux premières fois que j’ai franchi l’équateur, c’était au cours de la Transat Jacques Vabre et je ralliais ensuite le Brésil. Là, il faut aller vers le Sud, c’est vraiment le début de l’aventure ! ». Et il ajoute : « l’objectif, c’est de pouvoir franchir à nouveau l’équateur dans l’autre sens ».

 

Afin d’être fin prêt pour affronter l’enchaînement des dépressions et le rythme infernal imposé par les mers du sud, Fabrice profite de ces quelques jours pour se préparer et, surtout, veiller à son sommeil, mis à mal ces derniers jours, notamment lors de la traversée du Pot au Noir. « Cette nuit, j’ai plutôt bien dormi. Il y a eu pas mal de grains mais je n’ai pas pris de risque. J’ai l’impression que tout le monde y est allé plutôt calmement. Quand tu passes ta nuit à dormir et que tu vois que tout va bien, c’est réjouissant ! »

 

Pourtant, sa nuit fut agitée. En cause : un « rêve » aux allures de cauchemar. « J’ai rêvé qu’à mon arrivée du Vendée Globe, il n’y avait personne, mais vraiment personne pour m’accueillir. Je me disais : « quelle idée de faire ces trois mois de navigation pour avoir un tel accueil ? » Quand mon réveil a sonné, je me suis réveillé en étant persuadé que j’étais sur la route du Rhum 2018 ! Il m’a fallu trois à quatre minutes pour réaliser que tout cela était faux. Ca faisait assez peur : c’était un rêve fort qui démontre que j’ai vraiment besoin de me reposer ! »

 

Après avoir retrouvé ses esprits, le skipper de Newrest-Matmut s’attelle à préparer son bateau avant d’affronter les mers du sud. « Cela fait deux jours, déjà, que je range mon bateau, que je le nettoie avec une éponge. C’est important : on dit que le bateau est le miroir du marin ! Rien n’est cassé mais c’est important de tout remettre en ordre. » Ce samedi, Fabrice s’attend à « avancer en linéaire, tout droit » au large des côtes brésiliennes avec « 13 à 14 nœuds de vent ». De quoi patienter sereinement avant ces fameuses mers du sud : « ça va être complexe ! » savoure-t-il déjà.

1 Comments:
  1. Merci de vous être plié en pleine course au petit dialogue téléphonique avec B de La Giclais et D Léger en plein congrès sur le Sommeil à Strasbourg. Cela a fait son petit effet dans la salle comble de participants qui en parlaient encore ce midi à la clôture.
    Bon vent. L’application Vendée Globe était la plus téléchargée à Strasbourg rien que pour vous

    Nenemoune · novembre 19, 2016

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