Une 12ème place entre frustration et satisfaction pour Fabrice Amedeo et Giancarlo Pedote

Reporters du large · novembre 22, 2017 · Transat Jacques Vabre · 1 commentaires

Partis du Havre le 5 novembre dernier, ce mercredi Fabrice Amedeo et Giancarlo Pedote ont coupé, à 11h 16mn 16s (heure de Paris), dans la chaleur brésilienne, la ligne d’arrivée de la Transat Jacques Vabre. Terminant en 12ème position de la catégorie Imoca, les marins de Newrest – Brioche Pasquier auront mis 16 jours 21h 41mn et 16s pour faire défiler les 4 350 milles théoriques entre la Normandie et Salvador de Bahia. Heureux d’en terminer après un parcours mené au rythme d’une entente parfaite de bout en bout, le duo ne cache toutefois pas la frustration de n’avoir pu mener la machine à 100% de son potentiel suite à la perte de son spi, se voyant ainsi privé des moyens de rivaliser avec la concurrence. Néanmoins, l’expérience reste une fois encore plus que positive et teintée d’un sentiment particulier pour le navigateur-journaliste qui disputait ici la dernière course à bord de sa fidèle monture qui lui a notamment permis de boucler le dernier Vendée Globe.

 

C’est fait ! Après plus de 16 jours d’une navigation atlantique et d’un scénario riche en rebondissements, Fabrice Amedeo et Giancarlo Pedote ont rallié Salvador de Bahia en 12ème position chez les monocoques Imoca. Un résultat qui n’était pas forcément celui attendu au départ du Havre et qui laisse au skipper de Newrest – Brioche Pasquier un sentiment partagé entre déception et enrichissement ainsi qu’il l’expliquait à son arrivée au Brésil :  « Je suis à la fois frustré et content de cette Transat Jacques Vabre. Frustré d’abord, parce que dès le cap Finisterre et la perte de notre spi, nous savions que nous ne pourrions pas jouer avec nos concurrents désignés tels que Yoann Richomme ou Arnaud Boissières. Il y a ensuite eu ce Pot au Noir qui s’est révélé sévère pour tout le monde mais qui nous a quand même permis de revenir un peu. Mais la frustration n’est heureusement pas le seul sentiment qui domine ! Je suis également ravi d’avoir partagé cette course avec Giancarlo. Tout s’est extrêmement bien passé entre nous. J’ai beaucoup appris avec lui en particulier dans le réglage des voiles plates, exercice dans lequel il excelle. Plus globalement, j’ai passé du temps en mer et c’est toujours un bonheur ! ».

 

Le sourire du Havre à Salvador de Bahia

 

Un bilan contrasté totalement partagé par Giancarlo Pedote, co-skipper de Fabrice Amedeo, qui revenait lui aussi sur cette première expérience océanique à bord d’un Imoca ; un coup d’essai transformé pour celui qui ambitionne d’être au départ du prochain Vendée Globe en 2020 : « Nous avons connu quelques déceptions en sortie de Manche, d’un point de vue stratégique. Mais nous avons toujours cherché à rester accrochés au paquet et à revenir. L’explosion de notre spi au cap Finisterre est un handicap que nous avons payé cher, particulièrement entre le Cap Vert et l’arrivée dans le Pot au Noir, mais également sur les derniers moments de la course. Mais j’ai surtout appris plein de choses sur cette première transat en Imoca. Le bilan est positif même si d’un point de vue de la performance nous aurions pu faire quelque chose de mieux. Sur le plan humain, tout s’est très bien passé. Même sans spi, nous avons toujours réussi à garder le sourire à bord. Nous avons développé une bonne relation avec Fabrice. Nous avons passé de bons moments sur l’eau. Tout cela me donne encore plus envie d’être au départ du prochain Vendée Globe. Cette Transat Jacques Vabre avec Fabrice m’a définitivement donnée le virus de l’Imoca ! ».

 

Une transat de transition

 

Sportivement en deçà des attentes, cette Transat Jacques Vabre se révèle donc une belle réussite sur le plan humain, une aventure fidèle aux valeurs portées par Fabrice Amedeo qui avouait également ne pas forcément avoir pris le départ le 5 novembre dernier dans les meilleures dispositions. Partagé entre le plaisir de repartir en mer et la préoccupation de gérer au mieux les évolutions de son projet et notamment l’acquisition d’une nouvelle monture dotée de foils, il avouait : « C’était une transat de transition et je le savais. Mais ca a parfois été difficile à vivre sur l’eau, essentiellement du fait de ne pas avoir les armes pour se battre. En partant, j’avais conscience de porter encore les traces de mon Vendée Globe et d’avoir, ces derniers mois, plus mis l’accent sur la partie entrepreneuriale de mon projet. Une fois sur l’eau, cela s’est senti ».

 

De cette course en double, le skipper de Newrest – Brioche Pasquier ne retiendra toutefois que le meilleur et notamment le bonheur d’avoir une dernière fois traversé l’Atlantique à la barre d’un bateau à bord duquel il a vécu les moments les plus forts de sa vie de marin. Dans quelques jours, ce fidèle compagnon poursuivra sa route avec Romain Attanasio, son nouveau propriétaire. Fabrice Amedeo, quant à lui, reprendra l’avion pour la France et des retrouvailles avec sa famille d’abord… puis, avec ce foiler qui l’attend dans un chantier à Lorient et avec lequel il écrira très vite un nouveau très beau chapitre de son histoire avec le large, avant de prendre le départ du 40ème anniversaire de La Route du Rhum – Destination Guadeloupe en novembre 2018.

 

La course de Newrest – Brioche Pasquier en chiffres…

Départ le 5 novembre 2017 à 13h35

Arrivée le 22 novembre 2017 à 11h 16mn 16s (heure française) en 12ème position dans la catégorie Imoca

Temps de course : 16 jours 21h 41mn et 16s

Distance et vitesse théoriques : 4 350 milles à 10,74 nœuds

Distance et vitesse réelles : 4 712 milles à 11,61 nœuds

Ecart au premier Imoca : 3 jours 14h 04mn 30s.

 

1 Comments:
  1. Bravo à vous deux et à votre belle amitié

    patricia cauret · novembre 22, 2017

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